Créée en 1989, ES 44 compte aujourd(hui (2010) plus de 4 000 adhérents dont 95 % répartis dans tout le département de Loire Atlantique..jpg)
Depuis 20 ans, ES 44 entretient sa dynamique grâce à l'implication de plusieurs centaines de bénévoles, sur toute la Loire-Atlantique, toute l'année, à des tâches différents: la préparation du conteneur, la collecte de ferraille, la collecte des adhésions, la rédaction et l'envoi du bulletin trimestriel, la préparation de la fête : un réseau dense, du relationnel et du convivial en permanence.
Un bureau de 12 membres en 2011
Un conseil d'administration de 33 membres en 2011
Son objectif principal : les projets de développement au Nicaragua sont sa principale raison d’être. Les projets ont beaucoup évolué au fil du temps. Au début c’était l’envoi du conteneur (avec, essentiellement, du matériel agricole à traction animale) puis l’ouragan Mitch en 1998, a amené l’association a financé dans l’urgence, la construction de maisons. Ensuite elle s’est orientée vers les projets de développement rural et éducatif.
Ses principales activités : collecter de la ferraille en vue de recyclage, organiser la fête de la solidarité, envoi d’un conteneur par an, diverses rencontres avec d’autres associations, recueil des adhésions…
Pour ce faire, différentes commissions de travail :
2. Au NICARAGUA :
Une équipe composée de 2 personnes : Malika Rabia (française) et Inti Lopez (Nicaraguayen) : tous deux ont pour mission, l’aide à l’élaboration et le suivi des projets, ainsi que la représentation auprès du gouvernement, de l’ambassade de France, du ministère de la coopération, des finances, de la direction générale de la douane… cette équipe est notre référent pour la construction et le suivi des projets.
Entre la France et le Nicaragua, les échanges sont permanents : avec l’équipe de Managua évidemment, mais aussi par la venue en France, tous les ans au mois août, au moment de la fête de la Solidarité ( à l’étang de Gruellau, sur la commune de Tréffieux) d’une délégation nicaraguayenne, et la visite au Nicaragua d’une délégation française (généralement en novembre).
Histoire
Joseph CHEVALIER part au Nicaragua l’année 1987. Il accompagne un conteneur de Nord-Vendée, afin d’effectuer des démonstrations sur la manière d’utiliser le matériel. De retour en France, il organise des réunions pour expliquer, à l’aide de diapos, la vie des Nicaraguayens, à ses amis, militants du secteur de Blain, au Nord du département
En 1989 l'association Echanges et solidarité 44 est créée.
- Dans le but d'envoyer un container de matériel agricole au Nicaragua, de rechercher des moyens financiers : adhésions, organisation d'une fête...
- Dès la première collecte de matériel, constat est fait que bien des outils ne peuvent pas être envoyés, c'est de la ferraille : elle sera donc recyclée et rapportera des finances qui serviront à les aider. Projet de musée de culture attelée par la suite...
Ses statuts: « Echanges et solidarité 44 » est non confessionnelle et ses objectifs sont clairs dès le départ : « Cette association a pour objet d’informer et d’aider à une prise de conscience de la réalité de pays en voie de développement et, à cet effet : a) faciliter les échanges avec les peuples de ces pays, b) proposer et réaliser toutes activités de solidarité en lien avec ces objectifs. » Pour l’instant, c’est le Nicaragua, par l’intermédiaire de Joseph Chevalier, qui sera bénéficiaire de son aide. Peut-être un jour n’auront-ils plus besoin …
L’envoi de conteneurs et la participation d'ES 44 à divers projets coopératifs et des Communautés, avec la participation de J.CHEVALIER et de Malika RABIA, animatrice du Comité de Solidarité avec le Nicaragua (CSN), animent pour l’instant la vie de l’association.
L’embauche d’un ou d’une salarié, devient indispensable tant l’association se développe, et les demandes des Nicaraguayens sont importantes. Malika Rabia est donc embauchée par ES 44 en 1996.
En 1998 : L'ouragan Mitch maltraite de façon terrible les populations les plus démunies du nord du pays.
ES 44 collecte plus d'un million de francs pour la reconstruction de maisons (plus de 100), dont 500 000 francs apportés par la Fondation de France. Les familles concernées ont été très impliquées dans la reconstruction. C'est une date importante qui a certainement favorisé le développement d'ES 44.
En 2009, pour ses vingt ans, l’association a édité un livre qui raconte cette formidable solidarité, afin qu’elle puisse être mieux comprise et que les relations de solidarité et de fraternité puissent perdurer ici et là-bas…….
Comment naissent et vivent les projets :
Aujourd’hui, nous voyons poindre des projets pluriannuels et modulables de seconde génération, pour le profit de communautés organisées (coopératives, associations communautaires…) et non de bénéficiaires particuliers. Après avoir produit pour leur propre suffisance alimentaire, certains entreprennent le début de la commercialisation par la vente du surplus de leur production. L’intervention d’ES44 n’est souvent qu’un coup de pouce qui crée la dynamique.
En premier lieu les demandes des Nicaraguayens sont élaborées par les réseaux de promoteurs, (on appelle « promoteurs », les responsables et formateurs au sein des communautés), les membres du PCAC* ou de CESESMA*.
Ces propositions sont mises en étude par l’équipe de Managua (Malika et Inti), les responsables de PCAC et CESESMA, et c’est ensemble qu’ils modifient les propositions s’il y a lieu, et les transmettent à ES 44 France.
Une troisième phase voit l’étude du projet en France au sein de la commission actions au Nicaragua qui fait une proposition au Conseil d’Administration. La décision se prend par vote.
Tout au long des 2 ou 3 ans que dure le projet, un suivi est réalisé par l’équipe de Managua en coordination avec les membres du PCAC et de CESESMA. Evaluations, encouragements, remotivations si nécessaire, conseils, un bilan annuel est élaboré ensemble avec les différents acteurs.
Quand il arrive à son terme, le projet fait objet d’un bilan final qui est réalisé en assemblée générale avec les communautés concernées. On peut alors recadrer les finalités, se donner encore un peu de temps pour aboutir ou lancer l’étape suivante. Cette flexibilité est symbole de proximité de l’association vis-à-vis des groupes aidés et symbole d’une adaptation à des réalités.
Les projets sont de trois types :
- Projets de développement rural : situés dans des régions assez difficiles d’accès par manque de structures routières : San Bartolo, Mozonte, Siuna. Ils sont mis en oeuvre par la UNAG-PCAC. L’objectif est d’abord l’autosuffisance alimentaire par la diversification des cultures, la mise en place de jardins potagers bio, l'éducation à la gestion de l'eau et à la conservation des sols, la construction de réservoirs d'eau de pluie, l'acquisition de silos pour la conservation des grains de base... Ensuite il peut être envisagé de produire pour la commercialisation.
- Projets d’amélioration de la production de miel en vue de sa commercialisation : dans le centre du Nicaragua : Baguas et, au sud de la capitale : Masaya
- Le projet éducatif de Cesesma* : c’est un projet éducatif global qui s'adresse aux enfants et adolescents scolarisés ou non. Il accompagne les groupes pour mener en parallèle des activités manuelles ou artistiques, une réflexion sur leur vie et une préparation à jouer leur futur rôle de citoyens/nes. Il propose aussi des formations professionnelles de base pour ouvrir aux jeunes des perspectives d'alternatives économiques. Ce projet est cofinancé avec la ville de Bouguenais (Loire Atlantique).
Le bureau travaille avec des partenaires locaux :
*Le PCAC (programa campecino a campecino- programme "De paysan à paysan") du syndicat agricole UNAG accompagne petits et moyens paysans vers la mise en place d'un développement agricole durable et respectueux de l'environnement. Il est peu à peu devenu une référence importante en matière de développement rural au Nicaragua mais aussi en Amérique centrale, du sud et dans les Caraïbes. ES 44 finance en partie quelques unes de ses projets locaux.
*Le CESESMA (Centro de Servicios Educativos en Salud y Medio Ambiante : centre de services éducatifs pour la santé et l’environnement)
Bilan
Depuis quelques années, l’association se donne les moyens de réfléchir sur ses objectifs et sa stratégie en organisant chaque année sa journée de « réflexion interne », ouverte à tous les adhérents. Temps de recul important pour regarder ce que l’on fait et pourquoi on le fait. « Il nous paraît utile, voire nécessaire, de nous arrêter un moment pour voir si le sillon tracé depuis plus de 20 ans, a bien gardé son axe initial et, si sa trajectoire a subi quelques corrections, analyser si nous en sommes satisfaits. Nous vérifions si les engagements que nous avions définis lors des réflexions précédentes ont bien été suivies d’effets et sinon pourquoi. Et nous voyons si nos actions restent en phase avec ce qui est écrit dans les statuts de l’association. Nous parlons de l’association, son évolution, l’organisation de la fête de la solidarité, l’inflation de ses activités...tout ce qui fait d’ « Echanges et solidarité 44 », une organisation qui construit sa démocratie.»
Notre action sera probablement modifiée par les turbulences politiques et économiques dans lesquelles le Nicaragua est plongé. Aujourd’hui ces changements vont transformer les relations sociales dans la société nicaraguayenne comme dans la nôtre. Mais celles-ci sont plus lentes que les évolutions technologiques. La satisfaction des besoins élémentaires et des droits fondamentaux n’avance pas aussi vite qu’on le voudrait pour la grande majorité. Les évolutions sont lentes, le temps est nécessaire au moins celui d’une génération.
« Pouvoir se dire que ce serait bien si le Nicaragua n’avait plus besoin de nous …»